dimanche 18 avril 2010

C'est de la merde

Tout est de la merde.
Après plus d'un an et plus de vingt rencontres avec ma psychologue... C'est de la merde. Ça ne mène à rien. Je ne comprends rien à ma vie. Je ne comprends rien à rien.

Je ne sais pas si ça prendrait une autre vingtaine de rencontres pour arriver à quelque chose... pour arriver à comprendre... à m'y retrouver... si c'est normal, quoi, de ne pas savoir plus ou j'en suis après une vingtaine d'heures de rencontres avec une psychologue... ou si c'est ma vie qui est tellement emberlificotée...

Il y avait longtemps que certains membres de ma famille insistaient

mercredi 23 décembre 2009

Tout est dans ma tête

Tout est dans ma tête. C’est comme si le fait que je suis une fille n’existait pas, sauf dans ma tête. Que ce soit avec mes amies et amis qui savent, ou encore dans la rue, au magasin… Je suis une fille mais personne ne le sait, ne le voit, personne ne fait comme si…

Parfois.

Armée presque seulement de mes cheveux longs et d’un trait de crayon noir sous les yeux, ah oui mes ongles aussi, je vis dans mon quartier où…

Ben, non, je ne passe pas inaperçue. Je n’ai jamais passé inaperçu. Mais le moi fille, oui…

Merde, c’est difficile, écrire ça.

Je ne sais pas pour qui j’écris, c’est ça le problème, je pense. Pour personne, je suppose, juste pour moi-même.

Oui, c'est difficile et je ne sais pas. C'est étrange...

Si peu pour montrer que je suis une fille... si peu... un trait de crayon noir sous mes yeux.

Certains ne le remarquent même pas, d'autres me trouvent tellement weird, bizarre et déplacée qu'ils me zieutent avec un air sévère de reproche.

Mais comme je l'ai dit, je n'ai jamais de ma vie passée inaperçue, les gens m'ont toujours trouvée étrange et m'ont toujours regardée d'un air bizarre. Mais j'ai à peine mes cheveux longs pour attirer les regards. L'hiver m'a obligée à les recouvrir, de même que mes mains, et je ne peux donc montrer mes ongles longs... je les ai tous... c'est la première fois que je réussis à avoir 10 ongles longs. Ça m'aura pris une dizaine de mois à m'habituer et à réussir à ne plus les casser.

Je n'ai jamais passé inaperçue et je suis tout à fait habituée à ce qu'on me regarde sur la rue, au magasin... Mais depuis quelque temps, je peux bien voir que les regards sont plus insistants, dénotent plus de reproches... sont plus longs, plus soutenus.

Alors c'est le paradoxe.

Tant je sens le rejet de la société à cause d'un simple trait de noir sous mes yeux, tant je sens que le fait que je suis fille passe totalement inaperçu.

Ça ne fonctionnera pas. Jamais je ne passerai pour une fille. Tout ce qu'une transition peut me donner, c'est d'être encore plus ostracisée que je l'ai toujours été. C'est semble-t-il très grave pour quelqu'un qui a un corps d'homme d'emprunter quelque signe extérieur que ce soit de l'autre genre (je suis certaine qu'une fille qui s'habille en gars se fait moins regarder que moi).

J'ai l'air d'un travesti. Ça doit être ça. La seule image que les gens ont dans la tête d'un gars qui se maquille, porte les cheveux longs... a quelque signe extérieur que ce soit emprunté au genre fille, c'est l'image d'un travesti... une tapette, une moumoune.

OK pour moumoune ;-)

Ça doit être ça.

Eh bien je revendique le titre de moumoune. Je suis effiminée, oui. Je l'ai toujours été. C'est en bonne partie ce qui fait que les gens m'ont toujours regardé bizarre sur la rue et ailleurs. Mais là, il semble que je dépasse les bornes en mettant ohhhh si peu de maquillage, si peu...

L'autre jour, mon ex m'a dit que ça avait l'air fou, mes yeux maquillés. C'était probablement l'avis de ma fille aussi, qui était là à ce moment. Je n'ai pas su quoi répondre... me battre? lancer une vacherie moi aussi? me défendre... Je suis partie sans rien dire, seulement ciao. Eh oui, j'ai des enfants... et une ex... en fait, deux enfants, deux ados. Tout ce qu'ils savent à part que j'ai toujours été étrange, c'est ce que je montre: mes cheveux, mes yeux, mes ongles. Je n'imagine même pas leur en dire plus. Ce serait le choc.

C'est pas évident, tout ça. Vraiment pas.

Je n'ai jamais su qui j'étais... J'étais certaine de m'être rapprochée de ce que je suis vraiment en m'avouant, finalement, que je suis une fille. Eh bien la société me refuse ça.

Juste un peu de noir sous mes yeux et la société me dit que je transgresse une ligne (noire? hihi) que je n'ai pas le droit de transgresser.

Je ne suis pas certaine d'avoir avancé, là... On dirait même que je m'approche d'une espèce de grand trou.

Noir.

Comme la ligne sous mon oeil.

J'ai tout autant  le sentiment que le 'moi' fille passe tout à fait inaperçu, ce qui me fait chier (qu'est-ce donc qu'être une fille, quelques apparats?), et j'ai tout autant le sentiment que j'affiche beaucoup trop au goût de la société des fille, que ça choque, que les gens trouvent ça laid, que je transgresse une ligne qui n'a pas le droit d'être transgressée... La délimitation des genres semblent essentielle au bon fonctionnement de la société.

D'autres diront que tout cela est dans ma tête, que rien de tout cela n'existe.

Dans ma tête.


sais pas...

mercredi 9 décembre 2009

Désirée... pseudo-homme... s'abandonner

J'avais fait une liste de sujet que je voulais traiter ici mais, là, je prends le clavier sans la consulter, simplement parce que je viens de penser à un truc et que j'ai eu envie d'écrire là-dessus. Mais le temps de me rendre au clavier et de me brancher à Blogger (35 secondes) et j'ai eu le temps d'oublier ce qui m'a motivée à me lever du divan. Va falloir que j'y pense un peu.

Bon... Je ne sais plus. Ah oui, ça me revient (je suis retournée sur le divan, ça marche, ce truc-là). Je voulais parler de désir. Enfin je veux dire, être désirable... attirer les regards... se faire cruiser. Se laisser aller dans les bras d'un homme. Ben... ou d'une femme, là.

C'est bien sûr quelque chose que je n'ai jamais connu, et pas seulement parce que j'ai passé ma vie en tant que pseudo-homme, ou dans un corps d'homme si vous voulez... c'est plus compliqué que ça... j'aime mieux dire pseudo-homme. Parce que, un homme, je n'ai jamais réussi à être. Non, pas réussi. C'est bien sûr, j'étais une fille dès le départ. Avant d'expliciter cette notion, je veux juste préciser que, en tant que pseudo-homme, j'ai eu des blondes, des conjointes, mais comme on attendait toujours de moi que je sois un homme et que je ne peux pas agir et réagir en homme, ça clochait toujours, puis, ça foirait. M'abandonner dans les bras d'une femme, en tant que pseudo-homme... c'est comme, euh, plutôt peu probable. Ça ne m'est pas arrivé. Mais j'aurais aimé ça. Dans les bras d'un homme, c'est plus probable, et j'aimerais ça aussi.

Alors, avant de revenir au sujet de départ, j'explicite ce que je veux dire par pseudo-homme. Il s'agit de ce que je dégage plus que ce dont j'ai l'air, mais c'est aussi ce dont j'ai l'air. Déjà, enfant, je n'avais pas trop l'air d'un garçon, mais je n'avais pas non plus l'air d'une fille. On me traitait de fif ou de tapette assez régulièrement, mais pas tant que ça... enfin, je ne me rappelle pas que ça m'ait causé de gros problèmes. Je ne me rappelle pas avoir senti que c'était sérieux, et je ne me sentais pas homosexuel, et je ne croyais pas que les autres trouvaient vraiment que j'étais homosexuel. On me traitait de tapette, dans le sens de moumoune. Je ne sais pas comment dire moumoune pour les lecteurs français mais les Québécois comprendront (peut-être mauviette). Plus tard, à l'adolescence, j'ai pris conscience de plein de trucs, mais j'y reviendrai dans un autre texte.

Mais, enfant, j'essayais d'être garçon. J'essayais très fort puisque, comme tous les enfants, j'étais pris de l'instinct grégaire qui fait qu'on ne veut pas être mis à part, à l'écart. Je n'avais pas clairement conscience d'être une fille... on me disait garçon, j'ai un pénis, alors... je me suis dit qu'il fallait travailler plus fort pour réussir à être comme les autres garçon... J'avais conscience d'être différente, mais sans savoir comment. J'y reviendrai dans un autre texte.

Adulte, jeune adulte, dans la vingtaine disons, même combat. Je portais la moustache, je m'efforçais d'adopter des poses, des postures et des gestes mâles. Je n'allais pas aussi loin par contre qu'adopter certaines des attitudes et expressions habituellement associées aux mâles, des attitudes sexistes, machos, etc. Mon respect pour la femme a toujours été très grand. Trop grand pour être considéré comme un mâle, d'ailleurs. C'est ce qu'un de mes amis m'a fait comprendre à l'âge de... environ 22 ans. Lui qui avait toujours été assez populaire auprès des filles, et moi pas du tout, il m'avait dit que j'étais trop gentil (j'écris ici consciemment au masculin) avec les filles, qu'elles me voyaient comme un ami (ou comme une amie en fait), pas comme un chum potentiel... pas comme un mâle, donc. Depuis un an, j'ai beaucoup repensé à ce court épisode de ma vie car je trouve qu'il est très significatif. Cet ami avait tellement raison... en fait, ce qu'il me disait, peut-être sans le savoir mais ça c'est pas sûr, c'est: tu es une fille, c'est sûr que tu n'attires pas les filles.

Alors, quelle qu'en soit la raison précise, personne sauf peut-être ma famille (aveuglée), ne m'a jamais vraiment perçue comme un mâle. Ni les hommes, ni les femmes. Mais j'ai continué à essayer très fort d'être un homme, à tenter de paraître comme un homme, sans toutefois jamais tomber dans des excès de machisme que j'ai toujours déplorés. En fait, j'essayais, mais pas assez fort: ça n'a jamais marché. Aujourd'hui, quand j'y repense, il est bien évident que je ne pouvais être perçue comme un homme avec les moyens que je déployais: ce n'était vraiment pas suffisant... Mais je n'aurais pu faire mieux puisque ça aurait été d'aller contre ma nature.

Ce n'est que cette année que je constate que, au fond, ces tentatives n'ont jamais fonctionné. Je n'ai jamais été autre chose qu'un pseudo-homme, quelqu'un qu'on perçoit avec un sourire puisqu'on voit qu'il veut être, mais ça ne fonctionne pas. Un peu comme quelqu'un avec un déguisement. Un mauvais déguisement. Un peu comme un travesti, ou comme une transsexuelle dont la transition n'est soit pas complète, soit ratée (je reviendrai à ça aussi dans un autre texte). Bref, je n'ai jamais réussi à "passer" en tant qu'homme.

Un déguisement. J'ai revêtu un déguisement d'homme toute ma vie, et c'est une des raisons pour lesquelles les gens souriaient en me voyant: un mauvais déguisement. Ou ils riaient carrément. On riait de moi comme on rirait de qui que ce soit qui porte un déguisement un autre jour que l'Halloween. On a toujours ri de moi: à l'école, sur la rue, au magasin, à la discothèque... Les seuls endroits où je pouvais être tranquille étaient les endroits pour marginaux... et même là... quand j'y repense... Ah merde, quand j'y repense, c'est vraiment terrible et ça me donne envie de rentrer sous terre... d'en finir tout de sute avec cette merde de vie (je reviendrai aussi là-dessus).

Voilà, pseudo-homme. C'est ce que je veux dire. Évidemment, j'ai adopté assez tôt un style vestimentaire plutôt débraillé, bohème, mais ce n'est pas là la raison pour laquelle les gens riaient de moi puisque j'ai essayé tous les styles vestimentaires, et les styles qui amenaient le plus de sourires, de rires moqueurs, sont les styles les plus mâles. De fait, assurément, maintenant que j'y repense, les styles vestimentaires qui me convenaient le mieux ont toujours été les styles plus féminins, sans être féminins comme tels puisque je ne me suis jamais travestie. Et pourquoi avais-je adopté un style vestimentaire bohème, débraillé? Parce que rien ne me convenait et on riait de moi constamment lorsque je m'habillais comme les autres garçons, tout simplement. On me qualifiait de bizarre alors que j'étais habillée normalement, semblable aux autres garçons. Alors tant qu'à être bizarre, autant l'être vraiment. Comme je disais, mon seul refuge était la marginalité extrême.

Alors voilà là-dessus. J'y reviendrai sûrement. Parce que je sens que j'ai encore beaucoup à dire là-dessus.

Mais je voulais plutôt écrire sur le désir. Être désirée. Finalement, je sens que le propos principal sera moins exploité... C'est bien moi, ça. Toujours à côté de la track. Oui, j'aimerais être désirée et, en tant que mâle, ou pseudo-homme, ça n'arrive pas. Lorsque ça m'est arrivé, rarement, losrqu'une fille me désirait, elle me désirait en tant qu'homme, et s'attendait à ce que j'agisse en homme. Évidemment, je suis une fille, alors ça ne marche pas... je ne peux agir en homme puisque je n'en suis pas un. Très rapidement, la fille était déçue de mes attitudes non-mâles. Par ailleurs,  j'ai toujours voulu être désirée comme une femme est désirée, c'est-à-dire prise... dominée en quelque sorte. Une femme s'abandonne au désir de l'homme, se laisse aller, veut être dominée, se sentir protégée par les bras dominants, réconfortants et puissants de l'homme.

On va me dire que je tombe dans le cliché. Mais bien sûr! Les relations homme-femme sont des clichés et rien d'autre. Si on enlève tous les clichés de la surface de la Terre, que reste-t-il? S'il n'y avait pas de clichés et si ceux-ci n'étaient pas importants dans la société, il y aurait beaucoup moins de transsexuelles, sinon pas du tout. Avant de me dire "monsieur", on me demanderait si c'est monsieur ou madame. Pour moi en fait, ce monde est idéal, un monde sans clichés j'entends, mais il n'existe pas... nulle part, même dans les sociétés les plus ouvertes. Non, franchement, gardons les yeux en face des trous: nos sociétés fonctionnent essentiellement avec des clichés, des préjugés, des rôles bien définis pour les hommes et pour les femmes. Je ne serais pas en train d'écrire ceci ci ce n'était pas comme ça, il n'y aurait pas de transsexuelles, et je porterais des jupes depuis toujours. Ce n'est pas possible pour un homme de porter une jupe sans se faire regarder comme un extra-terrestre.

Et, donc... J'ai vu deux scènes, l'autre jour, une à la télé, l'autre en personne, au parc. Dans les deux scènes, un homme enlaçait sa blonde, la serrait fort contre lui de ses bras puisants. Ça m'a vraiment donné envie d'être comme ça, enlacée par des bras forts dans lesquels il ne me reste qu'à m'abandonner. Me sentir ainsi est impossible en tant qu'homme ou pseudo-homme. Ah oui, c'est vrai... si j'étais gay, ça se pourrait. Mais je ne suis vraiment pas gay.

Là, les straights, ceux et celles pour qui la transsexualité est une bête étrange, au même titre que les extra-terrestres peuvent l'être, c'est-à-dire quelque chose qu'on ne peut comprendre parce que c'est totalement dépourvu de références, ceux-là donc vont dire ici que mon propos est absurde puisque j'affirme ne pas être gay et qu'en même temps j'affirme désirer être désirée et enlacée par les bras puissants et rassurants d'un homme fort, alors que je suis biologiquement un homme. Pour bien des gens, si je dis que je suis attirée par les hommes, c'est clair que je suis gay.

Je sais que c'est étrange, j'en ai parfaitement conscience puisque je ne peux expliquer, ni même m'expliquer à moi-même avec précision ces sentiments, ces désirs, et tout le reste d'ailleurs de ce qui se passe dans ma vie depuis près d'un an.

Je suis une fille. J'ai un pénis et des couilles, qui produisent de la testostérone qui se répand depuis toujours dans mon corps, mais je suis une fille quand même. C'est tout ce que je peux avancer comme explication. Rien n'est très clair pour moi non plus.

Ce qui est clair, c'est que j'ai envie de me laisser aller à quelqu'un de fort comme dans les deux scènes que j'ai vues l'autre jour, pas seulement pour un instant... et que je ne sais même plus comment je ferais si j'étais avec une fille puisque... ben, puisque tout appellerait à ce que je sois les bras forts. Et ça, je n'ai jamais vraiment pu, et je le pourrais encore moins, même pas du tout. Si je me retrouvais avec une fille, ce serait une relation lesbienne ou ce ne serait rien du tout.

Suis-je attirée par les hommes ou les femmes? À vrai dire, je ne sais plus. Depuis que je suis enfant, très, très jeune, je suis fascinée par la beauté des femmes. Je le suis tout autant aujourd'hui qu'avant. Je m'étais toujours gardée d'être attirée par les hommes, sauf une fois, quand j'avais environ 9 ou 10 ans. Mais je m'étais empêchée de me laisser aller dans ce sentiment puisque... puisque je ne voulais pas être une "tapette" et me retrouver encore plus ostracisée que je ne l'étais déjà.

Donc j'avance que je ne me suis pas développée comme homme gay pour différentes raisons, les 3 principales étant 1- que j'ai toujours su que j'étais attirée par les filles, 2- que je ne voulais pas être marginalisée plus que je ne l'étais déjà, et... 3- que je suis une fille (donc je ne peux être un homme gay).

Et si j'ai clairement exprimé que je suis transsexuelle, c'est-à-dire une femme dans un corps d'homme (de pseudo-homme), il y a maintenant près de 11 mois, ça fait quand même plus de 10 ans que je sais que je suis attirée sexuellement par l'organe génital mâle (avant, je repoussais cette idée). Mais ce n'est pas quelque chose de clair... J'aurais aimé à l'époque, il y a 10 ans, faire l'amour à trois avec ma conjointe et un autre homme, afin que je puisse être en présence d'un homme lors de l'acte sexuel. C'est une façon détournée et c'est significatif. Je ne suis pas clairement attirée par les hommes, plutôt par les femmes, mais ça m'attire quand même, les pénis. J'ai souvent eu l'occasion dans ma vie de faire l'amour avec un homme gay, et encore tout récemment. Je ne l'ai jamais fait.

Je pense que tout cela est significatif du fait que je suis transsexuelle. Le désir des hommes est là, mais comme je ne suis pas biologiquement femme, ni reconnue comme femme, il y a une retenue. Ce qui m'attire vraiment d'un homme est sa puissance, sa force, sa protection, son pouvoir de dire où on va, de décision... Tout cela bien représenté par l'image des 2 scènes que j'ai vues l'autre jour de femmes se laissant enlacer par les bras puissants de leur homme.
Voilà.
Je crois que ça exprime clairement ce que je voulais dire.

mardi 24 novembre 2009

C'est injuste

J'ai failli m'endormir sur le divan. Je suppose que ça aurait été normal: j'ai dormi assez peu la nuit dernière... entre 2h30 et 8h30 environ. Ça nous fait... ah ben, 6 heures, c'est pas si mal. Je n'avais aucune raison de m'endormir.

Faut dire que je ne vais pas bien.

Ah et puis... et puis merde. Je ne vais quand même pas commencer à m'épancher sur tous mes problèmes. Je ne pense pas que ça intéresse. Mais d'un autre côté, j'écris ce blog pour moi...

Si seulement je pouvais avoir essentiellement comme problème d'être une transsexuelle ratée. J'aimerais bien pouvoir me concentrer là-dessus, et juste là-dessus. Mais comme je l'ai écrit précédemment, ma vie n'a jamais été simple. Il semble d'ailleurs qu'elle soit de plus en plus compliquée et lourde. Et je devrais me promener, guillerette avec mon chien. Pffff, c'est lourd, très lourd à porter, tout ça. Quoi ça? Ah ben... avez-vous quelques heures? Non, sérieusement, je vais laisser faire les détails pour ce soir.

Les reçus de mes visites chez ma psy sont là, devant moi, empilés. Ils étaient dans mon portefeuille jusqu'à ce que je les en retire hier lorsque j'ai écrit mon billet que vous pouvez lire plus bas. Je me suis demandé combien il y en avait, puis j'ai écrit le nombre de mois depuis que je la vois. J'ai écrit sept mois, je crois. Je ne sais plus. En fait, c'est 14 rencontres de 55 minutes. Quatorze rencontres, dont finalement assez peu à discuter de transsexualisme. Mais voir une psychologue... en tout cas moi, ça pousse à faire l'introspection. J'ai toujours fait beaucoup d'introspection de toute façon. Mais d'une marmite qui mijotait tranquillement, mon introspection est passée à un cocotte-minute (un presto) sur le point d'exploser, et ce du mois de mai au mois d'octobre. En fait, ma psy n'y est pour presque rien. Je ne sais pas, c'est peut-être toujours comme ça...

J'ai revu toute ma vie... des tas de séquences de quand j'avais 5 ans, 6 ans... 10 ans, 12 ans... bien sûr, tout le reste également, toute mon adolescence, ma vingtaine, la trentaine... tout. Il faut dire que les scènes de 5 ans à 20 ans sont les plus importantes. À 20 ans, une espèce de glue s'est installée... bien sûr, je me suis mise à travailler. Passons... pour le moment.

Je n'ai eu que 14 rencontres avec ma psy, mais en 7 mois, ça fait à chaque fois (en moyenne) deux semaines d'introspection intense. Et ce n'est pas fini.

Tout ça pour dire quoi? Ben euh... que ma vie a été et reste complexe, compliquée, chiante, bancale, difficile à vivre.

J'ai toujours été très étrange. Au yeux des autres. Je le voyais dans leurs yeux, je le vivais dans leurs actions et réactions envers moi. Au début, j'avais l'impression que ça se tasserait. Puis, c'est vers 13 ans, j'ai compris que ça ne se tasserait pas. J'ai alors décidé de mettre le paquet. Vous me trouvez bizarre? Attendez un peu...

Je me suis un peu perdue là-dedans. Encore aujourd'hui d'ailleurs. Je coupe des bouts, là, sinon il y en aurait pour 40 pages au bas mot.

Quoi qu'il en soit, la première introspection très intense que j'ai faite avec ma psy, ou plutôt guidée par elle mais faite essentiellement par moi-même, elle a concerné moi transsexuelle. J'ai remonté dans mes souvenirs et j'ai découvert que j'étais déjà fille... très jeune, quatre ans. En fait, depuis ma naissance, mais les premiers souvenirs que j'ai d'une prise de conscience que je n'étais pas comme les autres garçons date de quand j'avais 4 ans. Mais ce n'était pas une prise de conscience très claire puisque la transsexualité ne me paraissait pas possible... ça n'existait pas comme concept dans ma tête, ni autour de moi. Mais je voyais bien que je n'étais pas garçon comme les autres.

Puis, l'école a commencé. D'abord la maternelle. J'étais à part. Je n'étais ni avec les filles ni avec les garçons. Complètement à part. Seule. Toute seule dans mon coin. Je peignais des tableaux à la gouache que ma mère trouvait affreux, noirs et violet foncé. Alors, déjà là, il était évident qu'il y avait un problème.

Je n'aimais pas être avec les autres. Je n'aimais pas aller à la maternelle. Ça m'emmerdait royalement, et j'avais hâte de retourner chez moi, auprès de ma mère ou seule. J'ai toujours été bien seule. C'est encore le cas aujourd'hui. Mais j'aimais bien aussi me tenir avec ma mère dans la cuisine, alors qu'elle tourbillonnait pour préparer soupe, plat principal et dessert pour 9 personnes. J'ai toujours aimé regarder ma mère cuisiner, et je lui posais toutes les questions, ça c'est quoi, pourquoi tu fais ça... juchée sur le comptoir ou collée contre elle près de la cuisinière. Je n'avais jamais réalisé que c'était pas mal fille comme comportement, et je m'étonne que ma mère n'ait pas vu ça, qu'elle ne se soit pas demandée pourquoi je ne jouais pas plutôt au hockey, aux autos, ou que je n'étais pas avec mes frères autour de la télé.

Mais la première fois où je me suis le plus rapproché de la prise de conscience que j'étais une fille, ça a l'air que j'avais à peu près 10 ans... en fait, c'est ma soeur qui m'a rappelée cette anecdote, moi, je l'avais comme oubliée... donc c'est elle qui dit que j'avais environ 10 ans, sais pas, peut-être 9... Mais je m'en suis rappelé mieux qu'elle par après. Ma mère étendait du linge sur la corde. On était dans la cour chez nous, autour de la corde à linge, moi, ma soeur et ma mère. J'ai dit comme ça, sans préambule, qu'il était injuste que les femmes puisse porter des robes, des jupes, des blouses de couleurs, et des pantalons, toute cette variété de linge, et que les garçons, eux devaient porter toujours pratiquement la même chose. Ma mère a répondu: "OK, on va t'acheter une petite jupe", ce à quoi j'ai rétorqué aussitôt: "Ce n'est pas ce que je voulais dire!!!"

Alors ma soeur, qui a 5 ans de plus que moi, a son interprétation de cette scène. Mais à partir du moment où elle me l'a rapelée, je m'en suis souvenu comme si c'était hier, de cette scène. Et ce que je voulais dire c'était clairement: j'aimerais ça être une fille et pouvoir porter des robes et des jupes, c'est injuste que je sois un garçon. Ma soeur, elle, pense que je revendiquais simplement le droit aux hommes de porter des jupes et des robes, mais c'est sûr que ce n'est pas ça. À preuve, ce que j'ai rétorqué. Je n'imaginais pas du tout que je puisse porter des jupes puisque j'étais un garçon et que les garçons doivent.... Mais je voulais en porter. De voir tous ces morceaux, toutes ces couleurs étalées devant moi (le linge pour gars était toujours de couleurs plattes en ce temps-là), ça me donnait envie... mais je savais bien que c'était impossible... et c'est pourquoi je disais que c'est injuste. Après tout, je pense que je sais plus que ma soeur ce que je voulais dire. Je m'en souviens que je voulais dire que je préférerais être une fille, mais je ne pouvais pas dire ça comme ça. Je m'en souviens, parce je me souviens du sentiment qui m'a poussée à dire ça.

Quand ma soeur m'a rappelé cette scène de notre jeunesse, ça a fait débouler une foule de souvenirs intérieurs. J'ai passé un été très intense à ne faire pratiquement que ça, me rappeler moi. Dans un premier temps, avec le filtre "fille". Il faut dire que je ne travaille pas. Ça laisse beaucoup de temps pour l'introspection.
Bon, assez pour aujourd'hui, je parlerai de mes souvenirs beaucoup plus précis de quand j'avais 15 et 16 ans une autre fois.
:-)

lundi 23 novembre 2009

Manque d'originalité

Moi qui était contente l'autre jour du look de mon nouveau blog... Eh ben c'est presque le même look que le blog de Michelle Blanc. Même que, ce matin, j'avais les deux blogs ouverts sur deux fenêtres et je me suis trompée, ne comprenant pas pendant deux ou trois secondes pourquoi j'avais tout ce contenu sur mon blog.

Alors je suis à la recherche de ce qu'on appelle je crois une "skin" pour mon blog, mais je ne trouve rien de bon pour le moment. Parce que, là, là, c'est inacceptable, je ne peux pas avoir l'air d'une autre... je suis unique, moi ;-) De toute façon, je n'aimais pas la couleur du bloc en haut, et c'est impossible de la changer.
Alors je cherche.
Et, en passant, le blog de Michelle Blanc, c'est une mine d'or de références pour qui s'intéresse à la transsexualité, et pour qui lit l'anglais. Je dis ça comme ça, en passant.
:-)
Beti

C'est pas simple, la vie

Comme je l'ai mentionné dans le premier billet de ce nouveau blog (ci-bas), j'avais en fait démarré ce blog sous un autre nom en mai dernier. En relisant le seul texte que j'avais publié sur cette première version... c'est incroyable le chemin que j'ai fait en six mois. Bien que j'y affirmais "Je suis un fille", il est clair, dans le sous-texte, qu'il y avait une bonne part d'incertitude dans ce que j'écrivais. Ou peut-être d'ignorance, car j'ai depuis eu l'occasion de m'étudier en profondeur et d'apprendre à me connaître.

Après quelque 7 mois avec une psychologue spécialisée en la matière, j'ai clairement fait du chemin... dans ma tête. Car rien n'est simple, en tout cas pour moi. Non, dans ma vie, rien n'a été simple, et rien ne change de ce côté. Ma vie continue d'être fort complexe.

Dès que j'ai réalisé que j'avais toujours été une fille, que je suis une fille, c'est-à-dire en janvier 2009, il y a maintenant dix mois, comme j'approche la cinquantaine (dans quelques années), j'ai voulu me précipiter et au plus tôt, prendre de l'oestrogène et devenir vraiment une femme. Ça pressait. Ça pressait parce que je suis déjà vieille. Je n'ai pas envie d'être seulement une vieille femme. Je veux profiter de quelques années qui me reste à être plus ou moins vieille.

Mais bon, rien n'est simple dans ma vie. Ma psychologue ne conteste pas du tout que je suis une femme. Elle m'appuie dans cette démarche. Mais comme elle est une psychologue compétente et professionnelle, elle a aussi identifié que la transsexualité n'est pas le seul problème qui a entaché ma vie. Oui, un problème... bien sûr que la transsexualité est un problème. Ce l'est un peu moins si on identifie ce problème avant la puberté ou à tout le moins dans la vingtaine. Mais c'est pas évident de se transformer en femme passé 30 ans, et à plus forte raison, passé 45 ans. Enfin ça dépend beaucoup de chaque individu. En fait, dans mon cas, ça serait pas si pire.

Mais bon... J'étais pressée, mais... d'autres problèmes... psychologiques, peut-être même psychiatriques, va savoir. Pour moi, tout était simple: je suis transsexuelle, je prends de l'oestrogène, tout ira bien... Mais ce n'est pas si simple. L'étude de moi-même avec ma psychologue a révélé que de nombreux problèmes difficiles à identifier et à cerner ont fucké ma vie, pas juste la transsexualité. Faut travailler là-dessus, et même peut-être, même sûrement, médicamenter cela avant d'en arriver aux hormones et à ma féminisation.

Bon, j'en suis là. J'ai entrepris des démarches pour aller au fond des choses et y arriver, aux hormones. Car tel est mon but. Je m'en fiche pas mal de mes autres problèmes, je veux juste arriver aux hormones. Mais comme mes autres problèmes ont toujours eu pour effet de m'empêcher de fonctionner normalement, ont fait de moi un être plutôt disfonctionnel, eh ben, c'est pas évident de faire ces démarches. Je suis présentement à me battre avec le système de santé public québécois pour trouver une solution. Ah, si j'avais un médecin de famille, ça serait beaucoup plus simple. Mais je n'ai pas de médecin de famille, et c'est très difficile d'en trouver un au Québec, de nos jours.

C'est très malheureux, mais ainsi va ma vie. La merde. C'est la merde depuis que je suis toute petite. Alors ce contretemps vers ma féminisation m'a réellement fait chier pendant de nombreuses semaines, mais j'ai baissé les bras maintenant. C'est vraiment pas surprenant après tout. C'est la merde comme d'habitude.

Et puis, en me penchant sur ma vie de merde, appuyée de ma psychologue dont j'apprécie beaucoup le professionnalisme, et en me renseignant beaucoup sur tant la transsexualité que tous les autres problèmes qui, possiblement, affectent ma personne (j'ai vraiment beaucoup, beaucoup lu sur le Web), j'ai réalisé que je n'ai pas envie de passer par le fameux parcours "traditionnel" d'une transsexuelle: je n'ai jamais suivi les chemins tracés d'avance de toute ma vie. Je ne suis pas capable. Pas plus ici qu'ailleurs. Je suis une originale à tout point de vue, et je veux vivre à ma façon une transition d'homme à femme à laquelle je crois, de toute façon, plus ou moins.

En clair, c'est que je ne crois pas que, à terme, on me dise madame au magasin. Ma psy dit que, pour une transsexuelle d'homme à femme (ben, ça doit être la même chose dans l'autre sens je suppose), comme on ne peut changer mon cerveau qui est féminin, on change le corps, l'extérieur pour l'accorder à l'intérieur (oui bon, ça, tout le monde qui s'intéresse au transsexualisme sait ça), et pour ça on utilise tous les moyens modernes à notre disposition (hormones, chirurgies, épilation...) et que, et voici le point crucial de cette phrase, dans 95 sinon même 98% des cas, ça marche, c'est-à-dire que les gens sur la rue, dans les magasins vont me prendre pour une femme, vont me dire madame, ne se douteront même pas que j'étais un homme auparavant. Eh bien non... moi, je ne crois pas à ça. Est-ce que j'ai envie d'entreprendre un combat pour qu'on m'appelle madame? Ça ne marchera pas. Je n'y crois pas. Bien sûr, comme je l'ai dit précédemment, j'ai d'autres problèmes. Peut-être que cette affirmation, le fait que je n'y crois pas, ça fait partie de mes autres problèmes. Je suis assez défaitiste, je suppose. Déprimée? Oui, sûrement. Dépression... ouais, ouais.

Moi, je pense que le fait que je suis transsexuelle, c'est beaucoup pour ça que je suis dépressive. Christ, on le serait à moins, non? Bon, en tout cas, je reviendrai peut-être sur la dépression et mes autres problèmes, mais pour le moment, ce que je voulais dire, c'est que je ne crois pas qu'il est possible pour moi de vraiment passer pour une femme, même si je me bourre d'oestrogène, même si je me fais gonfler les seins, même si, même si... quelles que soit les méthodes, on va toujours me voir comme une transsexuelle (ou un travesti), pas comme une fille. Alors... est-ce que ça me décourage? Est-ce que j'abdique et que je décide de rester homme? Pas du tout, puisque je ne suis pas un homme. Je ne l'ai jamais été. On me dit "monsieur", mais une des conclusions de cette étude de ma vie passée que j'ai faite, c'est ça: je n'ai jamais réussi à être un homme, à vraiment avoir l'air d'un homme. Je reviendrai là-dessus dans un autre texte. Pour le moment, je vais aller me coucher, mais non sans conclure par ce que j'ai déjà affirmé fermement à ma psy: je n'ai jamais réussi à être un homme, je ne réussirai pas à être femme non plus; je veux simplement devenir vraiment ce que je suis: une shemale, un homme-femme, pas d'opération de changement de sexe, juste des hormones. Elle m'a rétorqué que toutes les shemales visent l'opération. Bon, bon, peut-être, mais pas moi. Je ne vois vraiment pas l'utiliité d'une telle opération, pas à mon âge. Et pourquoi l'opération d'ailleurs? Pour le sexe? Bah... de toute façon, je suis lesbienne. Peut-être bisexuelle... puisque je découvre que les hommes m'attirent dans une certaine mesure mais... de toute façon, ma transsexualité n'a rien à voir avec la sexualité. Vraiment rien à voir. Les relations sexuelles, ce n'est vraiment plus important pour moi. Je reviendrai là-dessus car je veux aller me coucher et je me rends compte que j'ai beaucoup à dire à ce sujet.
Bonne nuit
:-)
Beti

dimanche 22 novembre 2009

Ben voilà, c'est parti

:-) Je suis contente. Je trouve que c'est pas mal, comme look... J'aime pas le violet-brun du bloc en haut mais je n'ai pas encore trouvé comment le modifier. Mais là, je vais me coucher. Ça fait plus qu'une heure que je tripote les codes, ça fait bien 4 heures maintenant... Je promets d'écrire ici plusieurs fois par semaine. C'est pour moi que je le fais, alors ça ne me dérange pas si personne ne voit mon blog.
Bonne nuit
:-)
Beti