Comme je l'ai mentionné dans le premier billet de ce nouveau blog (ci-bas), j'avais en fait démarré ce blog sous un autre nom en mai dernier. En relisant le seul texte que j'avais publié sur cette première version... c'est incroyable le chemin que j'ai fait en six mois. Bien que j'y affirmais "Je suis un fille", il est clair, dans le sous-texte, qu'il y avait une bonne part d'incertitude dans ce que j'écrivais. Ou peut-être d'ignorance, car j'ai depuis eu l'occasion de m'étudier en profondeur et d'apprendre à me connaître.
Après quelque 7 mois avec une psychologue spécialisée en la matière, j'ai clairement fait du chemin... dans ma tête. Car rien n'est simple, en tout cas pour moi. Non, dans ma vie, rien n'a été simple, et rien ne change de ce côté. Ma vie continue d'être fort complexe.
Dès que j'ai réalisé que j'avais toujours été une fille, que je suis une fille, c'est-à-dire en janvier 2009, il y a maintenant dix mois, comme j'approche la cinquantaine (dans quelques années), j'ai voulu me précipiter et au plus tôt, prendre de l'oestrogène et devenir vraiment une femme. Ça pressait. Ça pressait parce que je suis déjà vieille. Je n'ai pas envie d'être seulement une vieille femme. Je veux profiter de quelques années qui me reste à être plus ou moins vieille.
Mais bon, rien n'est simple dans ma vie. Ma psychologue ne conteste pas du tout que je suis une femme. Elle m'appuie dans cette démarche. Mais comme elle est une psychologue compétente et professionnelle, elle a aussi identifié que la transsexualité n'est pas le seul problème qui a entaché ma vie. Oui, un problème... bien sûr que la transsexualité est un problème. Ce l'est un peu moins si on identifie ce problème avant la puberté ou à tout le moins dans la vingtaine. Mais c'est pas évident de se transformer en femme passé 30 ans, et à plus forte raison, passé 45 ans. Enfin ça dépend beaucoup de chaque individu. En fait, dans mon cas, ça serait pas si pire.
Mais bon... J'étais pressée, mais... d'autres problèmes... psychologiques, peut-être même psychiatriques, va savoir. Pour moi, tout était simple: je suis transsexuelle, je prends de l'oestrogène, tout ira bien... Mais ce n'est pas si simple. L'étude de moi-même avec ma psychologue a révélé que de nombreux problèmes difficiles à identifier et à cerner ont fucké ma vie, pas juste la transsexualité. Faut travailler là-dessus, et même peut-être, même sûrement, médicamenter cela avant d'en arriver aux hormones et à ma féminisation.
Bon, j'en suis là. J'ai entrepris des démarches pour aller au fond des choses et y arriver, aux hormones. Car tel est mon but. Je m'en fiche pas mal de mes autres problèmes, je veux juste arriver aux hormones. Mais comme mes autres problèmes ont toujours eu pour effet de m'empêcher de fonctionner normalement, ont fait de moi un être plutôt disfonctionnel, eh ben, c'est pas évident de faire ces démarches. Je suis présentement à me battre avec le système de santé public québécois pour trouver une solution. Ah, si j'avais un médecin de famille, ça serait beaucoup plus simple. Mais je n'ai pas de médecin de famille, et c'est très difficile d'en trouver un au Québec, de nos jours.
C'est très malheureux, mais ainsi va ma vie. La merde. C'est la merde depuis que je suis toute petite. Alors ce contretemps vers ma féminisation m'a réellement fait chier pendant de nombreuses semaines, mais j'ai baissé les bras maintenant. C'est vraiment pas surprenant après tout. C'est la merde comme d'habitude.
Et puis, en me penchant sur ma vie de merde, appuyée de ma psychologue dont j'apprécie beaucoup le professionnalisme, et en me renseignant beaucoup sur tant la transsexualité que tous les autres problèmes qui, possiblement, affectent ma personne (j'ai vraiment beaucoup, beaucoup lu sur le Web), j'ai réalisé que je n'ai pas envie de passer par le fameux parcours "traditionnel" d'une transsexuelle: je n'ai jamais suivi les chemins tracés d'avance de toute ma vie. Je ne suis pas capable. Pas plus ici qu'ailleurs. Je suis une originale à tout point de vue, et je veux vivre à ma façon une transition d'homme à femme à laquelle je crois, de toute façon, plus ou moins.
En clair, c'est que je ne crois pas que, à terme, on me dise madame au magasin. Ma psy dit que, pour une transsexuelle d'homme à femme (ben, ça doit être la même chose dans l'autre sens je suppose), comme on ne peut changer mon cerveau qui est féminin, on change le corps, l'extérieur pour l'accorder à l'intérieur (oui bon, ça, tout le monde qui s'intéresse au transsexualisme sait ça), et pour ça on utilise tous les moyens modernes à notre disposition (hormones, chirurgies, épilation...) et que, et voici le point crucial de cette phrase, dans 95 sinon même 98% des cas, ça marche, c'est-à-dire que les gens sur la rue, dans les magasins vont me prendre pour une femme, vont me dire madame, ne se douteront même pas que j'étais un homme auparavant. Eh bien non... moi, je ne crois pas à ça. Est-ce que j'ai envie d'entreprendre un combat pour qu'on m'appelle madame? Ça ne marchera pas. Je n'y crois pas. Bien sûr, comme je l'ai dit précédemment, j'ai d'autres problèmes. Peut-être que cette affirmation, le fait que je n'y crois pas, ça fait partie de mes autres problèmes. Je suis assez défaitiste, je suppose. Déprimée? Oui, sûrement. Dépression... ouais, ouais.
Moi, je pense que le fait que je suis transsexuelle, c'est beaucoup pour ça que je suis dépressive. Christ, on le serait à moins, non? Bon, en tout cas, je reviendrai peut-être sur la dépression et mes autres problèmes, mais pour le moment, ce que je voulais dire, c'est que je ne crois pas qu'il est possible pour moi de vraiment passer pour une femme, même si je me bourre d'oestrogène, même si je me fais gonfler les seins, même si, même si... quelles que soit les méthodes, on va toujours me voir comme une transsexuelle (ou un travesti), pas comme une fille. Alors... est-ce que ça me décourage? Est-ce que j'abdique et que je décide de rester homme? Pas du tout, puisque je ne suis pas un homme. Je ne l'ai jamais été. On me dit "monsieur", mais une des conclusions de cette étude de ma vie passée que j'ai faite, c'est ça: je n'ai jamais réussi à être un homme, à vraiment avoir l'air d'un homme. Je reviendrai là-dessus dans un autre texte. Pour le moment, je vais aller me coucher, mais non sans conclure par ce que j'ai déjà affirmé fermement à ma psy: je n'ai jamais réussi à être un homme, je ne réussirai pas à être femme non plus; je veux simplement devenir vraiment ce que je suis: une shemale, un homme-femme, pas d'opération de changement de sexe, juste des hormones. Elle m'a rétorqué que toutes les shemales visent l'opération. Bon, bon, peut-être, mais pas moi. Je ne vois vraiment pas l'utiliité d'une telle opération, pas à mon âge. Et pourquoi l'opération d'ailleurs? Pour le sexe? Bah... de toute façon, je suis lesbienne. Peut-être bisexuelle... puisque je découvre que les hommes m'attirent dans une certaine mesure mais... de toute façon, ma transsexualité n'a rien à voir avec la sexualité. Vraiment rien à voir. Les relations sexuelles, ce n'est vraiment plus important pour moi. Je reviendrai là-dessus car je veux aller me coucher et je me rends compte que j'ai beaucoup à dire à ce sujet.
Bonne nuit
:-)
Beti
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire